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19
Mai

Séjour à Barbaste dans le Lot et Garonne - Récit de Jean Mével !!!

La route du Sud-ouest              ==> PHOTOS ICI

Ce samedi 4 mai à l’heure où le coq n’a pas encore réveillé sa bassecour, nous nous affairons déjà autour du car sur la vaste place déserte de Parc en iliz. C’est un agréable brouhaha de mots qui claquent dans l’atmosphère : des bonjours maintes fois répétés ; des bises qui réveillent les joues encore endormies, mais la joie est là dans tous les cœurs. Ce soir, au bout du jour, nous serons dans le Lot et Garonne où nous attend, près de Nérac , notre havre de paix : le centre de vacances de Barbaste posé comme un joyau dans une campagne fleurie aux couleurs du printemps.

L’Exil Breton

Le voyage, morcelé par deux arrêts prolongés, a été égayé par de nombreuses histoires de nos talentueux conteurs déchainés, Martine et Jean Marcel, redoublant d’imagination , captant notre attention pour éviter notre somnolence qui pourrait s’installer dans la douceur de nos sièges confortables. Le trajet fait partie des vacances et à l’arrivée l’accueil au centre sera au diapason de nos espoirs. Demain dimanche un copieux programme nous attend dans cette région avenante et hospitalière qui n’est pas sans rappeler que nous, les Celtes, nous y avons quelques attaches. Beaucoup de Bretons émigrèrent ici après la première guerre mondiale, car trop d’hommes restèrent dans les tranchées de Verdun et de nombreuses fermes tombèrent en état de friche, les bras des femmes devenant trop fragiles pour les exploiter. Vendues à prix cassé elles furent reprises par des Bretons qui s’exilèrent vers une aventure nouvelle ; mais aussi par la venue d’Italiens du côté de Nérac. De l’artichaut à la prune d’Agen la fibre nourricière reste identique, seul le calibre du fruit diffère !

Première marche à Vianne et poule au pot

Dimanche matin notre première visite sera la bastide de Vianne, petite cité à 4 km du centre, sur le bord de la Baïse la belle rivière de la région. Le Lot- et-Garonne possède beaucoup de villages de ce type souvent perchés sur la hauteur et construits dans les années 1280. Celle de Vianne fut l’œuvre d’un seigneur qui la créa en l’an 1284. Elle se compose de quatre porches d’accès ; des remparts, deux tours de garde et un pont- levis. Á l’intérieur, on découvre des terrains divisés en parts égales, une place centrale et une église romane.

Ce matin nos marcheurs, les accrocs des bâtons, sont déjà partis à l’assaut des collines pour un raid de 7 km. Quelques autres sont restés dans la ville déserte trainant leur errance sur la dalle de la cité moyenâgeuse. Les discoboles aux façades des habitations témoignent de la vie des gens derrière ces murs épais, bâtis par des pierres inaltérables aux caprices des ans. C’est dimanche et tout le monde dort. De grands bâtiments en ruine pleurent leur misère et leur chagrin depuis leur fermeture, il y a une dizaine d’années. Ce sont les anciennes verreries qui occupaient un millier de personnes. L’offensive du plastique les a conduites à la faillite. Seule une structure artisanale subsiste pour la création de belles œuvres de verre soufflé , pour le bonheur des touristes toujours avides de luxueuses réalisations. Pas de chance pour nous : le dimanche matin c’est le jour de fermeture ! Un prospectus trouvé nous informe que naguère dans l’église Francis Cabrel avait convolé en justes noces avec la charmante Marie et avait même composé une chanson nommée  : « La petite Marie » pour la lui offrir ce jour-là. Plus tard il valorisera aussi la poule au pot, dans le cabanon au fond du jardin. Justement nous allons manger cette poule dans son bouillon, au restaurant du centre dès notre retour en car. Un délice ! Nous appréciâmes…

La fête à Nérac et les traces d’Henry IV

Cet après-midi un gros programme nous attend dans la ville de Nérac, ex sous- préfecture. C’est la fête annuelle dans la cité et les rues sont à l’image de la gare St Lazare chaque soir à 17h : une nuée de gens se bousculent dans le brouhaha d’une fête foraine délirante. Notre experte et sympathique guide Bénédicte nous frayera un passage sinueux vers les sites visitables. Nous voici au pied de la statue de Henry IV au bord de la grande avenue. Elle trône sur un long socle, mais le cheval est absent sans doute fondu par les Allemands en 1942 en recherche de matière pour fabriquer des armes et des munitions. On dit que la destruction de la statue d’Henry IV aurait été évitée grâce à l’intervention auprès des Allemands  de l’Amiral Darlan, enfant de Nérac ? Nous voici devant une autre statue. L’homme ressemble plus à un penseur qu’à un guerrier. Mais qui est-ce ? Bénédicte dévoile le secret : il s’appelle Jacques de Romas. Sur une image accolée il porte un fil d’acier au-dessus de sa tête qui se prolonge le long de son corps jusqu’au sol. Il est l’inventeur du paratonnerre. Il doit renouveler son expérience auprès des experts, sur un édifice à Bordeaux. Ce fut un échec car le bâtiment brûla et le pauvre inventeur fut emprisonné. Comme dans la fable , quand le malin renard se saisit du fromage, le dénommé Benjamin Franklin prit aussi l’affaire en mains et réussit les tests demandés. Le coq en haut du clocher est indifférent au choix des humains. De Romas ou Franklin ? Sa crête ne rougit pas, et les fidèles dont les pieuses pensées s’ envolent le long du clocher vers les ondes célestes sont rassurés d’être protégés contre ce fléau qui les terrorisait avant cette judicieuse découverte.

Nous avançons et sommes au seuil de la maison du brave Sully qui, en quelques mots qu’on lui prêta, activa l’économie :   « Pâturage et labourage sont les deux mamelles de la France » ! Fallait le dire et ça s’est fait ! Je me souviens que ma mère s’allégea la tâche en m’apprenant à caresser le pis de la vache Rosine pour y extraire un lait bien chaud que je buvais avant de partir à l’école. Iam iam ! Que c’était bon ! Et à mon âge ça a pu le faire ! Puis un jour, pour fortifier les muscles de mes bras, elle mit une pioche dans mes mains en me disant de creuser car sous mes pieds dormait une fortune qui ne demandait qu’à être mise à la lumière. Je piochai et je piochai encore. Ç’aurait pu le faire, mais ce fut vain : De trésor il n’y en avait point sous terre ; mais j’avais compris à ma façon cette essentielle vertu que toute la vie il faudrait piocher pour se construire un honorable chemin dans un Eden plein de mystères. Sacré Sully ! Merci si tu m’entends ! Hier tu avais compris qu’il fallait booster l’économie, travailler plus pour mieux alimenter la source nourricière. Aujourd’hui il faut travailler plus pour gagner plus, en générant du papier dévalué, miroir aux alouettes, que le fisc sait à bon escient récupérer dans les mains des manants que nous sommes !

Á l’orée du bois le gisant d’une jeune fille d’une blancheur immaculée interpelle notre regard . C’est celui d’une jeune soubrette de 16 ans follement amoureuse du futur roi Henry de trois ans son ainé. Ici commence la légende qui raconte que son amour fut vain, son bel amant la considéra comme une passade de son destin. De chagrin la belle se jeta dans la Baïse et tomba sur la canne à pêche d’un homme presque somnolent. Il sauva la demoiselle qui devint sa reine et lui fit de nombreux enfants. La fontaine creusée près de son gisant n’a jamais attiré de pèlerins pour y déposer dans son eau limpide de menues pièces de monnaie…car la légende ne vit pas d’argent mais de doux rêves romantiques et sentimentaux.

ADN des personnalités de souche néracaise

Si la famille des Albret a marqué le territoire de Nérac, d’autres personnalités aussi ont remué son histoire. Le baron Hausmann y fut sous- préfet mais l’histoire ne dit pas s’il rencontra George Sand pour y conter fleurette? Il a ouvert les grands boulevards parisiens où les badauds aiment s’y promener et faire du lèche-vitrine. Fallières aussi fut maire de la ville avant de devenir président de la République de 1906 à 1913 et on lui prête d’avoir dit à son successeur Poincaré cette citation admirable :« Tu sais Raymond, la fonction de président est agréable, dommage qu’il n’y ait jamais d’avancement ! » Poincaré s’aperçut vite que « l’avancement » se dirigeait vers la guerre ! Fallières, l’homme débonnaire a toujours choisi la cause respectable et entre autre la défense de Dreyfus. Coup d’œil à Chouchou :Bon ! ça, c’est fait !

Nérac vit aussi la naissance en 1944 d’un chanteur qui allait trente ans plus tard offusquer les consciences puritaines que 1968 n’avait pas encore effacées des mémoires. Polnareff affichait sa lune en deux fesses rebondies sur les grands magazines. Ce n’était pas l’alunation d’Amstrong sur l’astre céleste quelques années plus tôt, mais la diffusion d’une image charnue qui voyagea bien dans l’espace terrien. Pour abréger, les condamnations sévirent bien compensées sans doute par les recettes engrangées dans les droits d’auteurs pour des publications universelles ? Après un long exode aux USA Polnareff est revenu en France et son postérieur laisse encore quelques traces dans les mémoires. Peut-être un jour un artiste sculpteur en recherche de notoriété, avec l’aval du chanteur, ancrera dans l’allée Nazareth à Nérac une statue de cuivre élaborée du séant de l’artiste pour laisser les  badauds, nostalgiques du temps  jadis, caresser ses formes anatomiques reconstituées ?

Pour épuiser la parenthèse sur Nérac comment  ne pas parler du complot   échafaudé par les alliés pour affaiblir l’ennemi. L’amiral Darlan, nommé par Vichy délégué gouverneur de l’Algérie en 1942 était un obstacle au débarquement en Algérie et le complot de son assassinat se décida en haut lieu par la proposition d’ Henry d’Astier de la Vigerie , royaliste convaincu, qui s’en alla la transmettre à De Gaulle en Angleterre. Astier proposa de mettre le comte de Paris, dépositaire de la couronne royale orléanaise, sur le trône en même temps que se ferait le débarquement allier en Algérie. Le comte, ami  de  Astier de la Vigerie  était déjà sur place et prenait ses repères à Alger. Mais les Américains anticipèrent l’arrivée programmée de De Gaulle et firent de Darlan leur otage . Cette opération était censée fragiliser l’autorité du régime de Vichy. Mais les Américains n’en savaient rien et le stratagème avorta. L’opération commandité fut exécutée car dans tous les cas de figures Darlan restait un élément dangereux et très énigmatique. Parmi quatre jeunes maquisards l’un fut tiré au sort et s’acquitta de sa tâche le 24 décembre. Il fut aussitôt arrêté, fusillé le lendemain et réhabilité en 1945, élevé à l’ordre de la Nation. Ainsi va l’histoire qui tient parfois à la mince incertitude du destin.                                          

La ruralité dans sa diversité

Les collines et les vallons successifs qui ondulent la nature mettent en lumière les productions fruitières et viticoles qui se partagent la terre. Naguère aussi la production de tabac faisait exploser les tabatières et relevait le moral des troupes éreintées après leurs marches quotidiennes. Mais vint la loi Even qui mit fin à la ration du soldat. Il n’y a jamais de fumée sans feu et la production s’arrêta faute de consommateurs. Les productions de semences ont trouvé leurs créneaux et elles sont exportées vers le nord ou même à l’étranger pour se transformer en plants de fruits consommables. Dans les vallons se nichent aussi de petits hameaux d’où émergent parfois de robustes fortifications de défense de l’époque où les albigeois et les Cathares imposaient leur suprématie et que le Vatican « chismait » plus que de coutume ; quand les catholiques et les protestants se chamaillaient le même Dieu… Toutes ces informations chaque soir me revenaient par mon envoyée spéciale attentive à l’érudition du guide de service. Ainsi elle m’annonça qu’au cours d’une rude ascension apparut la chaine des Pyrénées où les neiges éternelles arrondissaient les cimes comme dans nos montagnes d’Arrée au temps jadis des belles saisons enneigées

Á noter la petite forteresse dans la cité de Larriessingle appelée aussi, en raison de ses remparts, le petite Carcassonne. Elle était par sa construction l’exemple de l’édifice qui se refermait comme un mollusque quand l’ennemi se présentait, chacun occupant alors son poste prêt à en découdre. Puis quand le danger s’écartait l’édifice se rouvrait à la vie comme une tulipe qui s’épanouit. En son chœur la voix émet un son d’une pureté inégalable et c’est ainsi qu’à 15h04 une chorale bretonne se forma, à la demande de touristes de passage, et entonna une strophe d’un cantique en breton de nos grands pères : »Da Feiz ann tadou coz »…(à la gloire de nos grands pères). Il ne manqua qu’une chose pour que cette chorale passe illico à la postérité : la présence cachée derrière un piller d’un reporter de BFMTV en recherche de sensationnel !

Le temps des cathédrales

On en a visité quelques unes à Nérac, Agen, Condom. Elles sont à des degrés différents remarquables ; les plafonds hauts, les couleurs des retables, Celle de Condom possède un déambulatoire circulaire pour mieux observer les dessins de la pierre. Elle est aussi pour le pèlerin un passage obligé pour se ressourcer, pour entendre une voix interne que lui conseillera d’arrêter ou de continuer le chemin si long encore jusqu’à Compostelle. Condom est un ancien évêché où se reposaient ces hommes de foi. Depuis 2010 sur le parvis de la cathédrale trônent les immenses statues (plus de 2.50 m de hauteur) des trois mousquetaires et de leur chef Dartagnan. A.  Dumas a ressassé leur histoire qui a traversé l’humanité. Je dirai juste que Charles de Batz de Castelmore, alias Dartagnan a trouvé la mort à Maastritt en Hollande lors d’une mission de guerre. Etonnant trait d’union avec l’Europe en formation ! Nous, nous avons nos trois mousquetaires contemporains qui n’ont pas d’épées mais des mots appropriés plein d’humour et d’érudition pour soigner nos maux si d’aventure ils devaient nous agresser. Outre sa cathédrale Agen aussi a ses vieux quartiers et ses maisons à colombages où selon l’étage habité le taux de l’impôt variait. Le théâtre original date de 1906 et le Musée contient des œuvres de valeur. Enfin, en extérieur nous avons visité le canal dont le cours par paliers d’écluses achemine les bateaux vers l’océan. Mais ce jour-là c’était sans doute jour de repos pour les bateliers. Pas un n’avança la prou de son bateau ! Pour conclure ce chapitre il faut reconnaitre qu’il est impossible en quelques mots de résumer les 2000 ans d’histoire de la capitale du pruneau !

Le temps des animations

Elles furent gustatives par le repas à base de pruneaux et la conférence du maitre de maison qui, diapos à l’appui, nous expliqua avec un talent bien particulier l’Art des manipulations obligatoires avant que le pruneau ait le droit de séduire notre gosier. Ce fut un repas spectacle tant le propos feutré suggérait sans le dire des choses que l’imagination rumine parfois en silence. Nous avons bien ri, mais ce qu’il faut retenir c’est le confort de la machine qui secoue l’arbre et dirige le fruit sans le meurtrir jusqu’au lieu déterminé ; que c’est aussi la prune qui fait le pruneau. L’anatomie de ces fruits peut générer ou suggérer sans vulgarité le vagabondage de pensées coquines. Chouchou ! Ça l’a fait !!

Dans un autre lieu, celui des demoiselles, le foi gras était en fête. Même consommé dans une grange sur des tables aménagées le produit reste excellent et savoureux au palais. Un blanc presque liquoreux, juste honoré d’une médaille d’or au salon de la foire de Paris, nous confortait dans la certitude de ne pas nous tromper dans nos évaluations d’Œnologues inexpérimentés. Puis il y eut pour finir la dégustation d’un armagnac bien corsé en degré.

Un producteur indépendant nous reçut aussi pour nous expliquer sa façon de travailler en observant les règles d’une production raisonnée évoluant en respectant la tradition et  les progrès éventuels de la modernité. Le Buzet d’âges différents nous avons pu déguster avant d’y faire quelques emplettes.

Presque chaque jour une soirée culturelle agrémentait nos loisirs. Le diaporama annoncé pour 4 heures fut vite démenti de peur de faire fuir l’assistance !  Mais une heure fut convenable surtout commentée avec humour par Chouchou l’un des guides qui nous suivrait toute la semaine. Il nous révéla par l’image tout le fonctionnement du centre qui fut l’un des premiers à se développer dans le département. Mais encore on découvrit l’authentique Gascogne.

Ce fut ensuite la soirée folklorique avec le groupe sympathique des Peyriacais dont les danseurs nous initièrent aussi au pas de danse de leur région. Á la pause, une belle appréciation de trois poèmes déclamés par l’auteur, un danseur de 94 ans ! Chapeau bas monsieur pour votre mémoire et votre élocution.

Puis ce fut la soirée de la guinguette et des chansons de l’époque. La plupart dansèrent sans retenue comme si leur souffle pour un soir les autorisait à dépasser la mesure !

Le jeudi soir une troupe inattendue se présenta. Qui étaient-ils ? Où allaient-ils ? Á Compostelle peut-être ? D’abord le maire, seul, la poitrine ceinte de l’écharpe tricolore et la moustache en vadrouille sous ses narines. Point inesthétique vite réparé par son assistante. Puis arriva un prêtre le matin même couronné, apprit-on, évêque Bécasse, suivi par sa bonne qu’il conserva bien qu’élevé désormais à un autre rang. Sa fidèle bonne continuait à le fustiger sans tenir compte de son nouveau statut. D’un mouvement généreux l’ecclésiastique arrosa l’assistance d’une bénédiction sans retenue. La foule se demandait bien quel évènement allait se dérouler. Le service mit en place un autel et on appela quatre couples qui vinrent s’asseoir timidement près de l’estrade. Ils allaient être remariés après 50 ans de vie commune et quand ils apprirent le pourquoi de leur présence ce fut merveilleux : leurs visages reprirent des couleurs juvéniles, leurs paupières s’écarquillèrent découvrant la profonde lumière de leurs yeux et dans l’arène de la vie , dans la passion retrouvée, c’était comme si tout recommençait. Comme naguère, quand ils s’émurent à l’écoute de leurs demandes réciproques en mariage. Tout se passa à merveille. Ils renouvelèrent leurs vœux, reçurent de beaux cadeaux après avoir répondu à des questions sur leur vie commune par des oui ou par des non sans aide de joker. L’évêque ne fut pas trop curieux ! Ainsi se passa la soirée des marcheurs de la Penzé. Ce n’est pas l’eau de cette rivière que l’on consomma ce soir-là…mais une grande bouteille d’armagnac d’un bon cru. En conclusion, désormais 50 ans de mariage se nommeront : les noces d’armagnac !

Une dernière soirée de théâtre en deux actes boucla notre semaine d’escapades en Gascogne. Chouchou le metteur en scène dirigea les acteurs et actrices dans leurs rôles sur les traces d’Henry IV . Pour quelques instants ils appartinrent à la famille royale des Albret et furent applaudis par la « cousinade » populaire issue des facéties amoureuses du bon roi Henry.

Tirons le rideau, rangeons le brigadier …la séance est terminée

Epilogue en deux actes

Moncrabeau mérite que l’on conte sa fabuleuse histoire. Comment ce village dans lequel nous avons déambulé peut-il vivre sans un seul habitant, sauf le conservateur du grand Musée qui nous en ouvrit l’accès ? Je vais vous l’expliquer. Ici, bien avant le moyen- âge des femmes se réunirent et créèrent aussitôt une association de défense qu’elles appelèrent : « La Mentherie » pour lui donner en plus le parfum de la menthe en y ajoutant la lettre H. Elles se rebellaient contre leurs maris qui les accusaient d’être menteuses en leur cachant leurs infidélités. L’adhésion à l’association était interdite aux hommes et donc pour se protéger elles durent fermer leur territoire par de hautes murailles et y construire à l’intérieur des ruelles et des habitations propres à héberger le congrès universel qu’elles mirent au point chaque premier week-end du mois d’août. Très vite ce jour-là les hébergements furent complets, mais dès le lundi le vide s’opéra. Il fallut attendre le règne de Henry IV pour le voir apparaitre là par surprise. Il venait de promulguer une loi qui autorisait le genre masculin à adhérer à l’association. Seulement  un seul homme! Lui-même ! C’est ainsi  que naquit la belle légende populaire du bon roi Henry IV venant à Moncrabeau avec son cheval blanc panaché pour reconstituer sa garde-robe de    maitresses car  elles eurent toujours pour lui la plus exquise des délicatesses, espérant flirter un jour avec la descendance des Albret.. La natalité prospéra dans la région et au fil des ans, de Nérac à Pau en passant par Condom un cousinage se perpétua contredisant la maxime du prophète qui prétendit que nous étions tous des frères. Ici c’’est le cousinage qui l’emporte mais personne n’en fera une guerre de religion ! On parle aujourd’hui de rouvrir ici des stages de rééducation d’hommes politiques enclins à nous mentir. Des habitations sont déjà en construction mais les travaux sont retardés à cause d’hommes politiques réfractaires qui ne votent plus les subventions. Motif ? Comment pouvait-on penser qu’ils fussent à Moncrabeau ou ailleurs des menteurs patentés. Ô sacrilège ! Je profite pour aviser le lecteur que je serai à Moncrabeau le premier week-end d’août pour participer au grand concours universel. C’est bon de le dire car c’est la seule vérité qui émane de ce texte. Me connaissant bien, me croyez-vous ??

Il est temps de passer au dernier acte de ce court résumé : celui de se féliciter tous d’avoir été Formi…Formi…Formidable au cours de cette semaine inoubliable. Chacun a su être à sa place dans le respect de l’autre, en faisant d’un puzzle humain un édifice de   pièces interchangeables . Merci à elle et à eux qui nous ont offert leurs lumières faites d’humour, de gentillesse et d’érudition. J’ai de nouveaux cousine et cousins que je ne connaissais pas en Gascogne. Ils s’appellent Bénédicte, Jean Jacques et Chouchou et ils sont l’excellence qui mériterait de rejoindre la noble famille des Albret. Merci encore à nos nourricières de chaque jour, les jumelles dont on ne se souvint jamais laquelle était l’ainée, modifiant chaque jour le nombre de perles aux lobes de leurs oreilles. Merci à celles qui les secondaient au service. Merci à la direction qui orchestra la bonne réception de notre groupe. Merci enfin à notre brave conducteur Pascal qui dû se passer de délicieuses dégustations alcoolisées de crainte de ne pouvoir lancer le moteur de son énorme véhicule, calèche   des temps modernes, ce qui nous aurait contraints à le pousser, nul n’ayant la compétence pour manœuvrer ce bolide plein de chevaux sous le capot !

Résumer la richesse d’un lieu c’est impossible à moins de se tenir à des considérations sur la couleur des pierres ou de celle du cheval blanc d’Henry IV. J’ai préféré faire émerger l’esprit ou le geste qui se cache derrière chaque édifice et les réactions de l’environnement et de l’histoire, plutôt que de me contenter du service minimum. Pour les lecteurs qui dévorent les mots la prose sera avalée entre la poire et le fromage. D’autres par paragraphe descendront le texte comme on descend les marches d’un escalier, en s’arrêtant sur les paliers. D’autres enfin, amateurs de fantaisies commenceront par la conclusion pour aboutir à l’introduction et remonteront les jours en arrière. Enfin ceux qui ne commenceront jamais, qu’ils se rassurent : aucun séisme ne jaillira du lit douillet de la Baïse ; aucune voix céleste ne parlera du cheval blanc d’Henry IV perdu dans la tourmente et aucun mensonge ne viendra mettre en cause l’existence de l’humoristique village de Moncrabeau, ni celle de Michel Cardoze aux moustaches fleuries, rescapé de la télévision, qui continuera toujours à organiser le marché aux fleurs de Fources, dans sa bastide circulaire unique et magnifique que nous avons visitée.

Mon dernier mot sera pour Monique en lui souhaitant un prompt rétablissement afin de crapahuter encore sur les dunes de Plouescat ou dans les tourbières des Monts d’Arrée. Allez ! Ça le fera !

Kenavo ar Wechal

J. Mével